Edito

Cafés, bistrots, clubs sont des bulles ouvertes sur le monde. Ces lieux nous offrent une seconde maison. Piliers de la diversité culturelle, les cafés cultures, les clubs cultures, constituent un maillon indispensable de la chaine musicale. Ils offrent une première scène aux talents de toute origine, tout âge et tout style, un premier vrai public à conquérir, inconnu, exigeant, bienveillant, un public proche aussi physiquement. Comme tant d’autres, la chanteuse Mona Soyoc (Kas Product), l’artiste drag Ghost Elektra et l’humoriste Romuald Maufras, les marraines et parrain de cette 21e édition, ont commencé leur carrière dans ces “petits lieux.”

Le café-concert, c’est un lieu de vérité. “Impossible de masquer quoi que ce soit, de se réfugier derrière un quelconque subterfuge. ” (Dominique A). Ancrées dans leur quartier, leur territoire, ces initiatives indépendantes, libres et non subventionnées constituent une richesse culturelle de proximité.

Or ces dernières années, un grand nombre de ces adresses consacrées à la chanson, au jazz, au rock, au métal ont été contraintes de cesser leur activité culturelle. Nous avons enregistré des centaines de fermeture pour diverses raisons : hausse de l’immobilier et des loyers, fragilité économique accrue, multiplication de normes imposées, inflation post-confinement des plaintes des habitants,… Les nouveaux lieux qui ont le courage d’ouvrir se heurtent à ces mêmes difficultés.

Circuits courts de la culture vivante, générateurs d’emplois, facteurs d’attractivité des territoires, première marche pour les artistes, ces petits lieux font office de véritable service public culturel et social. Alors que leur atout est de rendre la musique accessible à tous, de fournir aux artistes et aux spectateurs un cadre festif et convivial, de recoudre le tissu social, ils sont aujourd’hui nombreux à baisser le rideau.

Il faut soutenir ces lieux aussi fragiles qu’essentiels, ces entreprises à valeur culturelle ajoutée qui soutiennent la création et participent à l’âme des villes et des campagnes.

Directeur du collectif Culture Bar-Bars, Denis Tallédec présente cette nouvelle édition palpitante : “Il y a une véritable envie de faire la fête

A quoi peut-on s’attendre pour l’édition 2023 de votre festival ?

À plein de surprises ! On est ravis de réunir encore plus de lieux qu’avant la période Covid, en milieu urbain comme en milieu rural, avec plus de 700 spectacles en trois jours, ce qui en fait le deuxième événement après la Fête de la musique en France. On note une diversification de certaines offres artistiques à l’image de l’appétit du public, notamment une nette montée en puissance de l’électro et du hip-hop, mais aussi du stand-up et des drag shows.

Pourquoi est-ce si crucial de préserver les clubs et bars culturels dans le contexte actuel ?

Parce que ces lieux permettent de rester ouvert sur l’autre, sur le monde, d’accéder à une offre artistique et culturelle tout en faisant la fête. Il y a une véritable envie de faire la fête. Il faut rappeler, sans viser personne mais en visant tout le monde, que ce sont aux institutions de s’adapter aux pratiques de nos contemporains, et non pas l’inverse. Ce festival est un appel collectif à la respiration !  On travaille sur la reconnaissance de toutes ces cultures populaires dans l’offre française et internationale. À ce titre, on multiplie les partenariats à l’étranger avec des réseaux équivalents et certaines villes. En 2024, on va justement organiser une conférence internationale sur la vie nocturne.

Contact Presse

Julie Tromeur : bonjour@bar-bars.com

Romane Latouche : communication@bar-bars.com